Moniales Dominicaines de Dax
Contemplata aliis tradere

Homélie du 1er janvier 2024. Marie, Mère de Dieu

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Par le frère Julien WATO op

Tout au long de l’année liturgique les fêtes en l’honneur de Marie alternent avec les fêtes du Seigneur Jésus. Annonciation et Immaculée Conception, Noël et Naissance de la Vierge, Ascension et Assomption. Parfois une fête mariale suit de près une célébration du Christ. Le Sacré-Cœur et le Cœur Immaculé de Marie, la Croix Glorieuse et Notre Dame des Douleurs. Toutes ces fêtes couplées nous rappellent, à chaque fois, la place privilégiée de Marie dans sa relation à Dieu et à Jésus son Fils et dans l’Église. Même si la naissance de Jésus ne put se faire sans Marie, même si la Sainte Famille ne peut se célébrer sans penser à Marie, voici en ce jour Octave de Noël, que Marie est seule à l’honneur, en son titre de Mère de Dieu. La célébration de Marie en l’Octave de la Nativité du Seigneur est une conclusion du Concile d’Ephèse (431) qui confirmait ainsi le titre de ‘Mère de Dieu’ que la ferveur populaire donnait déjà à Marie.

Trois sujets pour commencer notre nouvelle année. Premièrement : des vœux, deuxièmement : la fête de Marie, Mère de Dieu et troisièmement : la Journée Mondiale de la Paix. Un mot sur chacun de ces sujets.

I. Les vœux pour la nouvelle année : Les vœux que nous pouvons vous faire cette année se modèlent sur la première lecture : « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde ! Que le Seigneur fasse briller sur vous son visage, qu’il vous prenne en grâce ! ». Ces vœux se veulent une bénédiction pour vous et tous ceux et celles que vous aimez, pour ceux et celles qui sont ici, pour ceux et celles qui sont loin, pour ceux et celles qui en ont besoin et qui luttent, pour qui la nouvelle année est loin de changer leur situation parfois miséreuse et pour ceux et celles qui sont dans le besoin d’amour ou de ressources matérielles.

II – La Journée Mondiale de la Paix : Le deuxième thème de réflexion qui nous est proposé ce matin est celui de la paix. Vous comme moi, nous constatons que notre monde en a bien besoin. Les conflits sont monnaie courante dans nos vies, dans nos familles dans nos patries, dans le monde. Mais, ils ne doivent pas prendre le pas sur cette volonté au cœur de toute personne de vivre dans la paix pour pouvoir s’épanouir et se révéler. Même si le thème semble s’adresser uniquement aux personnes qui gouvernent, le pape montre que le service de la paix demande une attitude de dialogue et de respect qui est nécessaire dans toutes les situations et à tous les niveaux politique, social, familial, professionnel. Il cite saint Jean XXIII qui a souvent rappelé la dignité des personnes et il écrit : « Nous sommes donc appelés à apporter et à annoncer la paix comme la bonne nouvelle d’un avenir où chaque être vivant sera considéré dans sa dignité et dans ses droits. » Prions pour la paix dans le monde et surtout en Ukraine. Amen !

III – La fête de Marie, Mère de Dieu : Il faut donc nous étonner aujourd’hui de ce titre : « Mère de Dieu ». Il a été donné à Marie très tôt. Il a heurté les esprits ; il a été refusé ; il est encore mal compris. Ce titre « Mère de Dieu » est un dogme enseigné par l’Église, célébré dans la liturgie, dans chaque eucharistie, prié par les chrétiens. C’est sans doute la prière la plus dite, même dans le chapelet où l’on dit une fois notre Père pour dix fois « Mère de Dieu ». Pourtant, Marie demeure dans la simplicité de son humanité ; dans la simplicité d’une épouse aux côtés de Joseph; dans la simplicité des bergers qui la visitent ; dans la simplicité de l’enfant couché dans la mangeoire. Quel contraste avec ce titre sublime de Mère de Dieu ! Les deux sont vrais : la simplicité de Noël et le sublime de la gloire de Dieu, comme le chantent les bergers. Les deux, l’humilité et la gloire, définissent notre vie chrétienne.

Car voici la question décisive : ce nouveau-né, est-il, oui ou non, vraiment Dieu ? Si l’on répond négativement, Marie n’est qu’une mère comme les autres. Mais, c’est toute la foi chrétienne qui s’écroule. Si l’on dit, si l’on confesse, si l’on adore ce nouveau-né comme étant Dieu, le Verbe fait chair, alors Marie, qui est sa mère, est vraiment Mère de Dieu. Elle est mère de celui qui est vrai Dieu et vrai homme. En confessant Marie Mère de Dieu, nous confessons donc la divinité de Jésus. En confessant Marie Mère de Dieu, nous confessons que Jésus est vraiment sauveur, dans la puissance de sa divinité et dans la faiblesse de son humanité. En confessant Marie Mère de Dieu, nous confessons la sainteté de l’Église, Corps du Christ. Nous confessons donc la vérité des martyrs, la charité des saints, la foi des chrétiens, l’espérance du Ciel où Marie continue de veiller sur nous, comme une mère qui ne dort jamais pour ses enfants. Par Marie Mère de Dieu, tout devient réel, vrai, évident. Les petits bergers l’ont compris : ils voient un enfant, Marie, Joseph et ils chantent la gloire de Dieu. Marie, elle, retient tous ces événements et les médite dans son cœur. Voilà la seule manière de bien commencer l’année. Amen !