Moniales Dominicaines de Dax
Contemplata aliis tradere

Homélie du 31 décembre 2023. La Sainte famille

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Par le frère Julien WATO op

Aujourd’hui, la sainte famille nous invite, à revenir à la crèche, à nous laisser toucher par ce que nous voyons. Et que voyons-nous ? Une petite famille : Marie, Joseph, et un nouveau-né (Jésus) couché dans la mangeoire. Oui, Dieu a voulu se révéler en naissant dans une famille, une famille vraiment humaine. Le pape François a rappelé que la famille est devenue une icône de Dieu ! Dieu Trinité, communion d’Amour. Oui, frères et sœurs, familles chrétiennes, la sainte famille de Nazareth nous fait signe, elle a quelque chose à nous dire ; la famille de Nazareth est là pour nous communiquer la joie de l’amour, pour nous encourager dans les difficultés, les écueils du quotidien, pour nous rappeler que la sainteté n’est pas seulement un idéal lointain, mais un don réel, possible à la portée de tout le monde et qui se réalise jour après jour dans l’humble quotidien d’une vie de famille.

Comme tant de familles d’aujourd’hui, la famille de Nazareth fut jetée sur le chemin de l’exil, elle a dû s’en fuir de Palestine et trouver refuge en Égypte. Comment ne pas porter dans notre prière tant de famille qui cherche refuge dans nos Pays. Comme tant de familles aujourd’hui, la famille de Nazareth a connu la disparition d’un enfant, l’angoisse de la recherche, elle a fait l’expérience l’incompréhension : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? dit Marie, à Jésus retrouvé enfin dans le Temple, vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.( Lc 2…)

Oui, la famille de Nazareth, est devenue la sainte famille, non pas d’une façon magique, mais à travers la joie de l’amour, la peine de l’exil, le déchirement dû au comportement de leur enfant qu’ils ne comprennent pas. Et Marie gardait tout cela dans son cœur.

Cette fête de la sainte famille peut nous faire penser aux paroles du pape François dans sa lettre sur la sainteté : « La sainteté, je l’associe souvent à la patience, à la prise en charge des événements et des circonstances de la vie, mais aussi comme constance pour aller de l’avant, jour après jour. Et il ajoute son témoignage personnel : « C’était la sainteté de mes parents : de mon père, de ma mère, de ma grand-mère Rosa qui m’a fait tant de bien. » Vivre ensemble en famille disait le pape François, est un art, un cheminement patient, beau et fascinant. Ce cheminement de chaque jour a des règles que l’on peut résumer dans ces trois mots : « S’il te plaît, merci, pardon » les trois mots de la sainteté en famille.

« S’il te plaît, « savoir entrer avec courtoisie dans la vie des autres. Et ce n’est pas facile. Parfois, au contraire, on a des manières un peu lourdes, comme avec des chaussures de montagne ! L’amour vrai ne s’impose pas par la dureté et l’agressivité. Oui, la courtoisie conserve l’amour. Et aujourd’hui, dans nos familles, dans notre monde, souvent violent et arrogant, il faut beaucoup plus de courtoisie. Et cela peut commencer à la maison.

Merci : il semble que ce soit facile de prononcer ce mot, mais nous savons que ce n’est pas le cas. Il est important de garder une conscience vive que l’autre personne est un don de Dieu et on dit merci pour les cadeaux de Dieu ! Se dire merci, réciproquement, pour tout, dans cette attitude intérieure. Il faut savoir se dire merci, pour avancer ensemble dans la vie matrimoniale, familiale, communautaire.

Pardon : Dans la vie, nous nous trompons souvent, nous faisons tant d’erreurs. Nous en faisons tous. C’est normal de se disputer entre époux, en famille, en communauté. Il y a toujours quelque chose. Peut-être que vous vous êtes mis en colère, peut-être qu’une assiette est cassée et que sais-je ? Mais s’il vous plaît, rappelez-vous ceci : ne jamais finir la journée sans faire la paix. C’est un secret pour conserver l’amour et pour faire la paix. Ce n’est pas nécessaire de faire de grands discours. Parfois, un simple geste et… la paix est faite (Pape François). Et cela concerne les familles, les époux, les enfants, mais aussi les moines, les moniales, les religieux et religieuses qui vivent en communauté.

Aujourd’hui, la famille est mise à mal. Les chrétiens ont une mission bien spécifique à accomplir pour défendre la famille dans notre société. Une attention soutenue doit être accordée aux familles les plus éprouvées pour accompagner et encourager les époux, faire grandir leur amour, développer le dialogue entre les époux, le respect entre les époux. On est tétanisé quand on entend le pourcentage des violences conjugales et particulièrement. Les chrétiens sont aussi invités à apporter une aide pour que les époux assument véritablement leurs responsabilités de parents, de premiers transmetteurs de la foi à leurs enfants. Peut-être nous faudrait-il bien davantage que nous ne le faisons, encourager les époux à prier en famille, que la prière familiale soit véritablement quotidienne pour que la communion des personnes au sein de la famille devienne une préparation à la communion des saints, comme nous y invitait le Pape saint Jean-Paul II dans sa très belle lettre aux familles.

Demandons à la sainte Famille de Nazareth de faire de nos familles, de nos communautés, de nos monastères un lieu de communion, un cénacle de prière, un lieu d’authentiques écoles de l’Évangile et de petites Églises domestiques. Et que nos familles ne constituent plus un lieu des scènes de violence, d’isolement et de division. Amen !