Moniales Dominicaines de Dax
Contemplata aliis tradere

Homélie du 31 mars 2024, Jour de Pâques

Fr Benoît Vandeputte

Jean ne nous dit pas pourquoi Marie de Magdala se rend au tombeau.

Elle est seule apparemment.

Mais elle a pris le temps de faire constater l’objet de son désarroi puisqu’elle dit à Pierre :

« On a enlevé le Seigneur de son tombeau et NOUS ne savons pas où on l’a déposé ».

Qui ça, nous ? Dans ce « nous » réside sans doute la réponse à cette question : comment la nouvelle s’est-elle répondue ? N’en doutons pas, sans doute le bouche à oreille.

Il y a avait de quoi : Jésus est ressuscité !

Pour l’heure, elle court.

Pierre court.

Jean court. Plus vite, dame ! Il est jeune.

Voilà que ce matin, un tout autre phénomène advient. Nous ne sommes pas rassemblés comme hier soir pour contempler le surgissement émerveillé d’une flamme qui déchire l’obscurité.

Non, d’ailleurs, il fait toujours noir quand Marie va au tombeau : c’était encore les ténèbres écrit l’évangéliste. Quelles ténèbres ?

Ainsi nous allons voir le temps.

Le temps de faire nôtre cette nouvelle qui a couru les collines et les rues de Jérusalem.

Le temps de passer du stade de Nouvelle à celui de conviction et de foi. Le temps de s’inscrire dans l’intimité de chacun :

Le temps pour Pierre de trouver un maître de confiance et de courage.

Le temps pour Jean de croire instantanément dans un élan du cœur.

Le temps pour Marie de retrouver celui que son cœur aimait.

Le temps pour les compagnons d’Emmaüs de trouver le convive de leur vie.

Le temps pour Longin qui avait percé le côté du crucifié et confessé :        « vraiment, cet homme était le fils de Dieu » de devenir un saint vénéré en Orient.

Le temps pour Pilate de devenir saint avec sa femme dans l’Église d’Éthiopie.

Le temps pour Véronique de garder précieusement le vrai visage de son Seigneur.

Le temps pour Simon de Cyrène de voir ses fils Alexandre et Rufus devenir missionnaires, pour ce dernier, premier évêque d’Avignon !

Légende ou vérité, peut importe au fond. Ce qui importe c’est que nous y sommes.

Après l’heure de fils de l’homme que nous avons attendue et célébrée, c’est maintenant NOTRE heure.

L’heure de repérer les mille et un signe d’espérance qui nous entourent, que nous vivons, que nous donnons, le plus souvent sans nous en rendre compte.

« Les disciples n’avaient pas compris que, selon les écritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts ».

Et si nous n’avons pas encore compris…

Bonne nouvelle !

C’est notre heure : et nous avons le temps que Dieu nous donne

Amen

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